APRèS, J'IRAI CHANTER.
Par jean-michel robert, lundi 12 mars 2007 à 17:15 :: JEAN-MICHEL ROBERT (poèmes épuisés) ( Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci) :: #125 :: rss
FAIRE UN TOUR (8)
TEMPS TUéS
elle savait bien pourtant comme on savoure un rêve à la mamelle du bleu quand trop de vent ose encore se réchauffer dans les pendus
mais vinrent ces blancheurs qui brisent leur vaisselle au fond des chairs vinrent des saisons très lasses
il y eut beaucoup d'époques dans un seul geste
CELLE-CI
toutes ne sont pas fraîches comme un naufrage d'iris
voyez celle-ci avec quel plaisir elle prend les poses les plus obscènes
dans la grimace des gros camions accidentés
LE GRAND-PèRE
en sortant du cimetière on sent bouger un caillot de remords
on va le laisser là seul avec son sable dernier état de l'ennui qui d'année en année l'a rendu plus friable
le néant aura maintenant tout le fauteuil
et la petite vieille toute frêle dans l'absence va regagner ses pas menus rentrer dans l'anecdote en feignant de croire à la vie
DEMI-SOMMEIL
les cils - les petits matelots - engourdissent leur voyage sous le front et perlent si blanc le souffle que le temps s'en régale comme un ruisseau boit les chevilles se calme lisse au long des plis des hasards immobiles
les caves déchirent leurs derniers matous
le plaisir lentement coagule
se fige en doux sommeil de chien ou de juste
VIVRE
soir pluvieux rue de Rennes
lisse
vertige
patinage lumineux
tout se reflète en tout
la nuit attend
qu'on l'aide à traverser
je n'ai pas que ça à faire
j'ai rendez-vous avec une brune adorable
toutes les questions s'émiettent sous mes pas l'évidence est là - il n'y a pas que la peur qui sache bien jouer à cloche-pied dans le sang
vivre
ça vaut le coup ce soir je pardonne comme je respire
BIEN TARD
bien sûr ça ne pouvait pas durer on ne peut éternellement funambuler du tout net au tout naturel
toujours cette sorte de retour finit par retrouver la viande en chaussant les mille pantoufles de la nausée
mais c'est ta faute après tout tu n'avais qu'à être bon et serein
à présent il est trop tard tu ne seras jamais chalet aux cils fleuris
SIESTE
début d'après midi
on entend la douceur clapoter près du lit
pourquoi résisterais-je?
j'irai courir ce soir
à l'heure fraîche
en attendant je fais la planche
sur la tiédeur du temps
grignotant le fruit de mes rapines
je fignole mes montages
recense mes impossibles
tandis que les cils battent
autour d'un bleu de kidnapping
ensuite
ce sera comme pour les chiens
un sommeil sans nuances dans une viande soumise
déjà le jour a disparu
sous un amas d'îles désertes .../...