DORDOGNE
tant d'étés
le regard plein de Périgord
(tant d'enfance)
qui dès matin nous portaient
des abricots
dans un grand tablier
(la rosée aux chevilles)
l'aventure était claire
(facile)
une jungle couvait
sous le moindre buisson
(l'amour aussi)
ô savoir savourer
tout le fruité du vrai présent
(les beaux moments)
et maintenant l'écrire
(en suçant des noyaux)

PAUMé
je ne peux rester en place
je voyage tant que j'ignore où
je suis de quand
je viens et de qui
tu me frissonnes
je nous vois toujours de loin
et de longtemps
comment savoir
si l'on approche?    ailleurs
commence à fleur de peau

LA BELLE SAISON
c'était un été de grand chaud
une lumière gourmande broutait les
                               coquelicots
un galopin
tapi dans son sourire
guettait le merveilleux
pour lui piquer ses béquilles

PAS SORCIER
bonne journée
je reviens avec ma provision de livres
volontiers août s'attarde à bavarder
en anglais touristique
la rue balaie calmement ses lumières
c'est alors que
               cette voiture
deux blondinettes s'y engouffrent
je fais prendre in extremis
la mèche du regard
aux bronzages incandescents
     avant que l'auto ne démarre
puis disparaisse
     rien à faire
je reste là
     dépourvu de sortilèges
grotesque
     le temps bouge
comme la dernière dent
d'un très très vieux pirate .../...