Depuis tout gosse, j'ai toujours savouré la liberté de la nuit. A la frontière de cette liberté, il y a l' heure où les voisins n'ont pas encore admis que la nuit a tous les droits. Ils ne savent pas que, quand je suis présent, je m'attarde à l'angle favorable pour capter les fenêtres, lesquelles sont autant d'âmes rectangulaires, sans rien autour, comme Lubin l'a magnifiquement dit. Oui, nous sommes sans rien autour, sans murs, mais éclairés malgré l'heure où s'impose l'obscurité aux pauvres malheureux. La nuit blanche déambule même en plein jour, cette lumière où seuls les yeux complices repèrent ma dernière fenêtre.