mercredi 28 juillet 2010
Par jean-michel robert,
mercredi 28 juillet 2010 à 11:12 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Gare Montparnasse. 0 h 40. On attend. On a froid, mais pas assez : le frisson ne se propage pas au-delà de la peau.
un homme ivre racle un vieux fond de chanson ; il trébuche, sa main s’agite, tente vainement d’enrouler sa ligne de vie dans l’encoche d’un yo-yo invisible.
On n’est pas ivre, on ne sait pas quoi racler. La main ne croit pas en ses lignes.
La paume sur le front ne palpe que l’étanchéité des mondes.
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dimanche 25 juillet 2010
Par jean-michel robert,
dimanche 25 juillet 2010 à 08:59 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Sur le palier, des cartons traînent . On les a vus de loin, grâce au troisième œil, l’œil de la porte, l’espion sans brume.
On sort, l’air de rien, en sifflotant : il ne faut pas leur montrer qu’on a peur. Au moindre signe de lâcheté, à la plus petite moiteur trouillarde, ces cartons ne manqueraient pas de mordre les mollets, déchirer les cuisses, mâcher le corps entier jusqu’à le transformer en l’un des leurs.
Alors qu’en sortant ainsi, calmement, arborant la mine sereine de l’homme qui sort acheter son pain, on trompe l’instinct des cartons, la proie gagne la sortie sans être repérée.
Ensuite on peut toujours aller faire ses emplettes, en attendant que la femme de ménage ait éloigné de nos couloirs ces prédateurs rampants. Car cette dame sait les dompter ; les cartons les plus féroces finissent tous par venir lui manger dans le gant en caoutchouc. Comment fait-elle ?
On se le demande, une fois rentré chez soi, tout en caressant dans l’eau tiède la vaisselle apprivoisée.
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mercredi 21 juillet 2010
Par jean-michel robert,
mercredi 21 juillet 2010 à 06:58 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Ne rien faire, ou presque, s’écouter maigrir. J’ai retrouvé mon poids de judoka. Mais je n’ai rien perdu de mon opacité. Sans doute ai-je trahi.
Dring. On sonne à ma porte. Une jeune femme essaye en vain de me vendre je ne sais quoi. J’espérais qu’un ami d’enfance viendrait m’expliquer qui je suis.
Soixante-treize kilos. Combien pèse l’ennui ? (A Coubertin la pesée eut lieu vers neuf heures, je n’entrai en compétition qu’à midi. J’étais battu d’avance).
Aujourd’hui j’ai compris, je ne combats plus. Je me vautre dans la résistance
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vendredi 16 juillet 2010
Par jean-michel robert,
vendredi 16 juillet 2010 à 11:46 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Pardon pour ce silence. Un caprice de machine en est la cause. Tout est presque réparé, sauf la messagerie et l'univers.
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dimanche 20 juin 2010
Par jean-michel robert,
dimanche 20 juin 2010 à 09:27 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
un jour il saura
où commence la bouche alors
il osera son visage
malgré les gestes
rongeant le bout des doigts
malgré les lièvres
éclatant sous ses pas
-
il y aura toujours des ongles dans le vent
des becs dans les miroirs
les murs battront du même sang
-
mais la fille assise
à la terrasse du café
ne pourra pas le reconnaître
-
c’est amusant
dira-t-elle à son amie
regarde :
un désert qui rigole
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vendredi 18 juin 2010
Par jean-michel robert,
vendredi 18 juin 2010 à 06:30 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Michel Monate avait raison : la journée est allée jusqu'à son achèvement. Une journée sans - pour ce qui ne concerne que moi - sans merveilleux ni horreur, sans amour ni haine, sans rire ni larmes, sans douleur ni plaisir, bref : encore un jour de bonheur, d'abominable bonheur tiède.
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samedi 5 juin 2010
Par jean-michel robert,
samedi 5 juin 2010 à 07:22 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
disait l'autre jour:"Il y a erreur sur la personne." Je ne le contredirai pas, j'ajouterai juste: l'erreur est totale et il n'y a personne.
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vendredi 4 juin 2010
Par jean-michel robert,
vendredi 4 juin 2010 à 14:46 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Si j'étais vraiment triste, j'aurais autant de talent que John Lee Hooker... Comme ce n'est pas le cas, je suis sans doute un joyeux mec.

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Par jean-michel robert,
jeudi 3 juin 2010 à 02:19 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
je viens de voir et d'entendre une pipistrelle qui disait du Laforgue (Jules). Ne nous dénoncez pas : on aurait des problèmes avec les chacals ("les chacaux," comme disent les flics et autres êtres de culture).

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mardi 1 juin 2010
Par jean-michel robert,
mardi 1 juin 2010 à 05:53 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
nous n'avions pas encore l'âge de baiser, mais nous nous embrassions, nous caressions, elle me fit même envoyer un gâteau pour mon anniversaire.
La vie sentait ses cheveux, ses lèvres, ses cuisses blessées de ronces, d'un regard nous étions autres.
Nous sommes de pauvres autres aujourd'hui : les autres.
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Par jean-michel robert,
mardi 1 juin 2010 à 05:11 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
parce que ce n'est plus la vie
ce n'est plus les gens qui espéraient, combattaient et aimaient
ce qui est, était la même puissance de l'âme
terminé
aussi ai-je du mal à conjuguer "être" au présent
vivre quelques années, de mois, d'heures, d'instants de plus ou de moins
rien à foutre
puisque tout est foutu
sauf l'amour
qui nous hanta
au temps des fantômes
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lundi 31 mai 2010
Par jean-michel robert,
lundi 31 mai 2010 à 02:26 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
que la haine est une vertu quand elle tue les gens en les pendant à leur plus belle cravate.
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dimanche 30 mai 2010
Par jean-michel robert,
dimanche 30 mai 2010 à 06:57 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
armer les salaries élus des comités de grèves -investir par la force tous les médias - arrêter tous flics, militaires, juges médaillés, procureurs, ministres qui auraient la mauvaise inspiration de protester- instaurer par les armes une nouvelle Commune de Paris, comme comme au temps de Danton - la terreur contre qui gagne plus de 10000 euros par mois - la peine capitale contre toute la maffia sportive - et puis la fin du Monde: Dieu se dira enfin: Je suis con.
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